Un service public essentiel, souvent méconnu
Présent dans chaque commune de Belgique, le CPAS (Centre Public d’Action Sociale) joue un rôle fondamental dans la cohésion sociale. À Léglise, il accompagne au quotidien des citoyens aux parcours très variés. « Sa mission principale est de garantir à toute personne le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine », rappelle Françoise Groteclaes, directrice générale du CPAS. Loin de se limiter à une aide financière, le Centre propose un accompagnement global et personnalisé, adapté à chaque situation, car « chaque situation est différente ».
Une équipe pluridisciplinaire au service des citoyens
Le CPAS de Léglise repose sur une équipe aux profils complémentaires, où chacun joue un rôle clé. « Les assistants sociaux jouent un rôle central : ils analysent les situations, accompagnent les bénéficiaires et proposent des aides adaptées », explique la directrice. À leurs côtés œuvrent le Conseil de l’Action sociale, qui définit les orientations et prend les décisions importantes, la Présidente, qui représente l’institution et veille à la bonne application des décisions, et le directeur financier et la directrice générale, qui assurent respectivement la gestion financière et administrative.
À Léglise, l’équipe est complétée par « une assistante administrative, une professeure de français langue étrangère, des agents sous contrats article 60§7, bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale ou d’une aide équivalente mis à l’emploi par le Centre, et des bénévoles ». Cette diversité de profils permet de répondre à une grande variété de besoins, de l’accompagnement administratif au soutien en insertion professionnelle.

Françoise Groteclaes, directrice générale du CPAS
Une précarité parfois invisible dans une commune rurale
Si Léglise est souvent perçue comme une commune privilégiée, avec un taux de chômage inférieur à la moyenne régionale et de nombreux travailleurs frontaliers, la réalité sociale est plus nuancée. « Nous avons dans nos villages bon nombre de personnes isolées, de ménages fragilisés pour lesquels le quotidien est moins joyeux que d’autres et qui luttent jour après jour pour garder la tête hors de l’eau », constate Françoise Groteclaes. En janvier 2026, le CPAS a ainsi accordé « 23 revenus d’intégration sociale dont un tiers à des étudiants ».
De leur côté, les assistants sociaux confirment rencontrer régulièrement « des personnes présentant une fragilité psychologique, financière et/ou sociale » et soulignent que, depuis le 1er janvier, l’accompagnement des personnes exclues du chômage s’est renforcé.
Une porte ouverte à tous, dans le respect et la confidentialité
Contrairement aux idées reçues, le CPAS n’est pas réservé à un public spécifique. « Notre porte est ouverte à tous les citoyens de la commune », insiste la directrice générale. Les assistants sociaux rappellent que « chacun peut venir nous rencontrer, même sans rendez-vous lors des permanences du matin, simplement pour obtenir des renseignements ». L’accueil se fait « dans un cadre bienveillant et confidentiel », et le secret professionnel est garanti : les informations personnelles ne peuvent être partagées qu’avec l’accord de la personne concernée ou dans les cas strictement prévus par la loi.
Une permanence est assurée du lundi au vendredi, de 9h à 11h30, pour accueillir le public. Le personnel est formé à l’éthique, à la neutralité et à l’égalité de traitement, permettant d’instaurer une relation de confiance essentielle à un accompagnement efficace et respectueux.
Un accompagnement global vers l’autonomie
L’action du CPAS ne se limite pas à l’octroi d’aides financières. « L’objectif du CPAS est d’offrir un accompagnement global et personnalisé, favorisant l’autonomie et l’inclusion sociale », rappelle Françoise Groteclaes. Les assistants sociaux qualifient leur travail de « tremplin vers un “mieux-être” et un “mieux-vivre” », insistant sur la nécessité de s’adapter à chaque situation. « Nous ne pouvons pas résoudre toutes les difficultés, ni le faire en un claquement de doigts car l’autonomie est un chemin qui demande du temps et de l’implication ». L’objectif est de mobiliser les capacités de chacun afin d’aider les personnes à « (re)devenir actrices de leur vie ».
Pour cela, l’accompagnement repose sur trois piliers :
- Écoute active et personnalisée : chaque situation étant unique, l’équipe analyse avec la personne l’ensemble de ses besoins (logement, santé, énergie, factures impayées) pour définir des actions réalistes et adaptées.
- Accès aux droits fondamentaux : l’autonomie commence par la stabilité. Le CPAS veille à ce que chacun bénéficie de ses droits sociaux (mutuelle, allocations familiales, tarifs sociaux), afin d’alléger la pression du quotidien.
- Insertion et formation : l’accompagnement inclut un soutien vers l’emploi ou la formation, via l’aide à la recherche d’emploi ou de formation, des conseils pour gérer un budget ou une orientation vers des services spécialisés, le but est de redonner à chacun la confiance et les outils nécessaires pour avancer.
Les aides proposées couvrent différents besoins : soutien financier (revenu d’intégration sociale, aides ponctuelles), assistance administrative et sociale (ouverture de droits, médiation de dettes), aide au logement, soutien médical et matériel, accueil de familles de demandeurs d’asile dans le cadre des Initiatives Locales d’Accueil ainsi que l’insertion sociale et professionnelle.

Des synergies fortes avec la commune
À Léglise, la collaboration entre le CPAS et la commune est étroite. « On parle ici de synergies », explique la directrice. Elles reposent sur une collaboration étroite visant à améliorer le service aux citoyens, réaliser des économies d’échelle et augmenter l’efficacité. La présidente du CPAS est membre du collège communal, favorisant une cohérence des politiques locales. Les services administratifs, informatiques, juridiques et les locaux sont partagés, et les échanges d’informations (dans le respect de la législation) permettent une meilleure orientation des citoyens. Le fait de partager le même bâtiment favorise ces collaborations et l’interconnaissance.
Le Plan de Cohésion Sociale (PCS) constitue un autre exemple probant de synergie, s’inscrivant quotidiennement au cœur de nos deux institutions. Ce plan poursuit deux ambitions majeures : réduire la précarité en garantissant l’accès de tous aux droits fondamentaux, et bâtir une société solidaire et coresponsable. Bien que sa mise en œuvre soit déléguée au CPAS avec un assistant social du Centre assurant la gestion de projet à mi-temps, la gouvernance demeure strictement commune. Cet engagement partagé se traduit par un soutien financier conjoint, la mutualisation des locaux et du matériel, ainsi qu’une Commission d’Accompagnement mixte composée d’élus communaux et de conseillers de l’Action Sociale.
Des projets concrets au service de la population
Parmi les actions emblématiques du CPAS de Léglise figure la Dépamobile. « Nous sommes très fiers de ce projet », confie Françoise Groteclaes. Ce service de mobilité, essentiel dans une commune rurale peu desservie par les transports en commun, répond à un réel besoin et permet l’engagement d’un travailleur à temps plein ainsi que de plusieurs bénévoles. Un exemple concret de l’impact positif du CPAS sur la vie quotidienne des habitants.

Déconstruire les idées reçues
Le CPAS reste parfois victime de clichés tenaces. « Le CPAS ne donne pas de l’argent facilement », rappelle sa directrice. Chaque demande fait l’objet d’une analyse approfondie, et l’objectif n’est pas l’assistanat, mais l’autonomie. Le CPAS accompagne des travailleurs précaires, des familles, des étudiants, des personnes âgées ou en difficulté temporaire. Les dépenses sont encadrées par la loi, contrôlées et justifiées, avec pour objectif de prévenir l’exclusion sociale.
Regarder vers l’avenir
Les défis du CPAS sont nombreux : les pressions budgétaires avec la suppression de certains subsides, et les réformes sociales, comme la limitation des allocations de chômage, accroissent la charge de travail des équipes. « Les situations de besoin se multiplient », souligne Françoise Groteclaes, évoquant une augmentation et une diversification des demandes : personnes en difficulté financière, travailleurs précaires, chômeurs en fin de droit, personnes isolées ou en perte d’autonomie. Le rôle du CPAS s’élargit également : « il n’est plus seulement prestataire d’aides financières, mais aussi un acteur essentiel en insertion professionnelle, gestion budgétaire ou médiation de dettes ».
Malgré ces difficultés, l’engagement du CPAS de Léglise reste intact et son regard est tourné vers l’avenir. 2026 verra la concrétisation d’un projet communal majeur : la future maison communautaire installée dans l’ancienne école de Les Fossés, dont la gestion quotidienne sera assurée par le CPAS.
« Permettre à chaque citoyen de vivre dignement est et restera toujours notre priorité », conclut Françoise Groteclaes, une ambition partagée par toute l’équipe, animée par « le sentiment de se sentir utile à la société » et par la volonté d’être au plus proche des habitants.

CPAS de Léglise
Rue du Chaudfour, 2 6860 Léglise
Permanences : du lundi au jeudi de 9h à 11h30
Médiation de dettes : le vendredi de 9h à 11h30